Une vaste analyse de plus de 340 000 adultes associe les consommations élevées d’alcool à une hausse de la mortalité, mais les résultats varient selon la boisson. Bière, cidre et spiritueux présentent des profils de risque différents de celui observé pour le vin. Ces associations ne prouvent toutefois pas que le vin protège la santé.
L’étude, publiée dans Nutrition Journal, rappelle aussi un point essentiel : aucun type d’alcool n’est sans risque.
Alcool et mortalité : ce que révèle l’étude sur 340 924 adultes
Les chercheurs ont analysé les données de 340 924 participantes et participants de la cohorte UK Biobank, âgés en moyenne de 56 ans. Leur suivi a duré 13,4 ans en moyenne, période durant laquelle 22 381 décès ont été recensés, dont 11 063 par cancer et 4 288 par maladie cardiovasculaire.
Le signal le plus net concerne les consommations élevées. Chez les personnes dépassant les seuils étudiés, le risque de décès toutes causes confondues était supérieur de 24 % à celui des personnes abstinentes ou faiblement consommatrices. Les hausses atteignaient 36 % pour les décès par cancer et 14 % pour les décès cardiovasculaires.
Une consommation dite modérée n’écarte pas tous les risques
Dans la catégorie de consommation modérée définie par les chercheurs, seule la mortalité par cancer était augmentée. Chez les faibles consommateurs, la mortalité liée à d’autres causes était plus basse, mais ce résultat ne signifie pas que boire protège : des différences de mode de vie ou de santé peuvent peser dans la balance.
L’Organisation mondiale de la santé rappelle qu’aucune quantité d’alcool ne peut être considérée comme totalement sans danger. En France, le repère de moindre risque est de 10 verres standard par semaine au maximum, sans dépasser deux verres par jour. Ce seuil aide à limiter les risques, il ne les annule pas.
Bière, cidre, vin ou spiritueux : des associations différentes
Une consommation élevée de bière ou de cidre était associée à davantage de décès, toutes causes confondues et pour plusieurs causes précises. Même à faible niveau, ces boissons étaient liées à une mortalité par cancer plus importante dans l’analyse.
Pour les spiritueux, les associations défavorables apparaissaient déjà dans les catégories de faible consommation et concernaient notamment la mortalité globale, les cancers et les maladies cardiovasculaires. Le vin affichait un profil différent : une faible consommation était associée à une mortalité globale plus basse, tandis qu’une consommation élevée était liée à davantage de décès par cancer.
Le vin ne devient pas pour autant un aliment protecteur
La relation observée pour le vin prenait une forme dite en J : les faibles consommations étaient associées à un risque moindre, puis les risques remontaient aux niveaux élevés. Le vin rouge modéré suivait une tendance similaire, mais une consommation importante de vin rouge ou blanc était associée à une mortalité accrue, notamment par cancer.
Impossible d’en déduire que le vin protège. L’étude est observationnelle, et les personnes qui boivent du vin peuvent différer des autres par leur alimentation, leurs revenus ou leurs habitudes. Une association statistique ne démontre pas une relation de cause à effet.
Le moment de consommation compte aussi dans les résultats
Boire pendant les repas, de façon occasionnelle ou habituelle, était associé à une mortalité plus faible que boire en dehors des repas, surtout quand les quantités augmentaient. Là encore, ce constat ne prouve pas que le repas neutralise l’alcool : le contexte social et les habitudes de santé peuvent expliquer une partie de l’écart.
Les auteurs ont aussi relevé des associations plus défavorables chez certains groupes, notamment les hommes, les personnes plus jeunes et les fumeurs. Le message reste simple : la quantité, le type de boisson et le contexte comptent, mais aucun résultat ne transforme l’alcool en choix sans risque.
Source: www.futura-sciences.com
