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Pourquoi les cantines françaises servaient-elles du vin aux enfants et jusqu’à quand ?

Par Julie Glawi , le 5 septembre 2026 à 06:00 - 3 minutes de lecture
découvrez les pratiques et débats autour de la présence de vin dans les cantines scolaires françaises, entre tradition culturelle et enjeux de santé publique.

Il est difficile aujourd’hui d’imaginer un enfant sirotant du vin à la cantine scolaire. Pourtant, cette pratique a bien existé en France jusqu’à la fin du XXe siècle. Une époque où le vin était perçu tout autrement que comme un simple alcool.

Pourquoi le vin faisait-il partie du repas scolaire en France ?

Au début du XXe siècle, l’eau potable n’était pas toujours fiable. Les familles et les écoles redoutaient souvent les risques sanitaires liés à l’eau. Une carafe de vin, parfois diluée avec de l’eau, était alors jugée plus sûre et même bénéfique.

Dans ce contexte, le vin était présenté comme une boisson fortifiante. Cette idée a longtemps perduré. L’alcool était aussi vu comme un apport énergétique plutôt qu’un danger. Cette perception témoigne d’une époque où les savoirs sur les effets de l’alcool sur les jeunes étaient limités.

Une pratique enracinée dans la culture viticole française

Dans les régions où la vigne est reine, le vin s’invite tôt à table. C’est même une forme de transmission sociale. Le sociologue Patrice Duchemin rappelle que cette habitude pouvait préparer les jeunes au monde adulte.

Offrir du vin aux enfants à la cantine n’était donc pas qu’une question sanitaire. C’était aussi une tradition, un passage presque initiatique dans certaines familles. La consommation modérée faisait partie du quotidien et ne soulevait pas de débat.

Jusqu’à quand le vin a-t-il coulé dans les cantines scolaires ?

1956 marque un premier tournant. Une circulaire interdit le vin aux moins de 14 ans dans les écoles. Les lycéens peuvent encore en bénéficier. Cette mesure signale déjà un changement dans la prise en compte des risques liés à l’alcool.

Mais c’est surtout en 1981 que tout bascule. Alain Savary, ministre de l’Éducation, publie une circulaire sans équivoque : l’eau devient la seule boisson autorisée dans les cantines. Plus aucune gorgée de vin, même diluée, n’est tolérée à table, pas même pour les adolescents.

Une transition lente, reflet d’une société en mouvement

La suppression du vin en cantine n’a pas été instantanée. Dans les années 1970, certains collégiens buvaient encore du vin. Cela semble aujourd’hui inconcevable, mais la notion de « danger » liée à la consommation d’alcool chez les jeunes évoluait doucement.

Cette lenteur montre à quel point la société française a dû réviser ses habitudes. La montée des connaissances scientifiques et la prise de conscience des risques ont imposé un encadrement plus strict.

De la cantine à la législation moderne : la place de l’alcool chez les mineurs

L’interdiction en 1981 n’a été que le début d’une politique plus globale. En 2009, la loi a durci l’accès à l’alcool : la vente aux moins de 18 ans est prohibée dans tous les commerces et établissements publics.

Aujourd’hui, les cantines ne servent que de l’eau. Le vin, longtemps symbole d’un mode de vie, est désormais exclu du monde scolaire. Cette évolution souligne combien certaines pratiques que l’on croyait immuables sont en fait très récentes.

Source: www.doctissimo.fr

Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.

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