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Pourquoi Donald Trump cherche à éliminer ces bouteilles de vin qui pourtant célèbrent son image

Par Julie Glawi , le 31 mai 2026 à 08:00 - 3 minutes de lecture
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Dans le monde du vin, les histoires de terroir s’entremêlent parfois avec celles du pouvoir. Donald Trump, figure emblématique et controversée, voit son image utilisée sans son accord sur des bouteilles qui portent son nom. Ce paradoxe donne lieu à un bras de fer juridique étonnant entre un vigneron californien et les représentants du président américain.

Les vins imprimés à la gloire de Trump vantent son audace, mais le président ne semble pas prêt à laisser cette manne marketing tourner en sa faveur sans contrôle. Loin d’être un hommage tranquille, ces bouteilles déclenchent aujourd’hui un vrai conflit aux États-Unis.

Le vin comme écho politique : une stratégie osée et revendiquée

À Monterey, en Californie, Paul Johnson a bâti un vignoble pas comme les autres. Republican Red Wine ne cache rien de ses affinités politiques, avec des noms de cuvées inspirés directement des slogans trumpistes tels que “Drill Baby Drill” ou “Drain the Swamp”. Cela donne au vin un goût bien trempé, un peu comme une promenade précise au cœur des débats américains.

Dans cette collection, une édition limitée baptisée “45-47 Republican Red Special Edition” fait référence aux mandats présidentiels de Trump. L’étiquette arbore fièrement cette inspiration en décrivant la gamme comme une force de la nature, aussi puissante que l’homme qui l’a inspirée.

Un hommage qui dérape en conflit juridique

Les choses se compliquent lorsque les sociétés affiliées à Donald Trump interviennent. Trois entreprises liées au président ont déposé une plainte auprès de l’Office des brevets pour retirer ces vins du marché. Leur argument est clair : l’utilisation de ces désignations pourrait tromper les consommateurs.

Des termes comme “45-47” évoquent une approbation officielle ou un lien direct, ce que les avocats qualifient de “fausse approbation”. Voilà qui transforme un hommage en bataille de marques où le gain semble plus politique que commercial.

Rejet commercial et censure indirecte des vins engagés

Paradoxalement, le vigneron ne nie pas cette forte association à Trump, bien au contraire. Paul Johnson revendique cette filiation, estimant que son élan a débuté avant même la réélection de Trump, ce qui justifierait son droit à utiliser ce branding.

Cependant, le revers de cette posture est malheureusement tangible en boutique. Les grandes surfaces réticentes à promouvoir des produits à forte connotation politique refusent de distribuer ses vins. En Californie, un État plutôt progressiste, le mot “républicain” dans son nom effraie les commerçants qui craignent la réaction des consommateurs.

Un combat pour exister sur le marché sous haute tension

Paul Johnson s’est donc recentré sur la vente en ligne, un canal plus souple mais un défi à relever en termes de visibilité. Son histoire révèle un paradoxe : vouloir célébrer une personnalité publique très divisive transforme sa stratégie en véritable combat pour survivre.

Un éclairage intéressant quand on songe aux guerres douanières de Donald Trump contre le vin européen, notamment français, que le président a menacé de taxer jusqu’à 200 %. Le vin, ici, est moins un simple produit que le reflet des tensions politiques et économiques actuelles.

Source: avis-vin.lefigaro.fr

Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.

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