Préserver un joyau du vin français : l’appel au soutien public pour une reprise familiale
Un domaine viticole avec plus de deux siècles d’histoire se trouve à un carrefour décisif. Le Domaine du Closel, un des fleurons des chenins secs de Savennières, est aujourd’hui menacé par la tentation financière des grands groupes. Trois frères tentent une reprise familiale pour sauvegarder l’âme d’un vignoble rare.
Une histoire ancestrale en péril : le défi de préserver l’identité du Domaine du Closel
Fondé en 1794, ce domaine incarne l’essence même du terroir de Savennières. Ses vins blancs remarquables, élevés en agriculture biologique et biodynamique, racontent un sol noble et un savoir-faire précis. Une cuvée du domaine a même été distinguée en 2025 dans le Top 100 mondial du Wine Spectator, une preuve éclatante de son prestige.
Ce prestigieux palmarès attire les convoitises d’investisseurs internationaux, attirés par la valeur patrimoniale et financière. Mais derrière ces chiffres d’affaires potentiels, se cache un risque évident : perdre ce qui fait le charme et la force d’un vin vivant.
Une rupture douloureuse fragilise le modèle familial
Le décès d’Evelyne de Pontbriand, figure incontournable et maîtresse des lieux depuis plus de quinze ans, fragilise la gestion du domaine. Ce départ, brutal, met à nu les enjeux d’une transmission sans faille. Aujourd’hui, l’enjeu est clair : garantir la pérennité d’une passion familiale ou céder aux sirènes financières.
Trois frères issus de la lignée fondatrice se posent en sentinelles. Amaury, Mayeul et Aloïs Bazin de Jessey veulent assurer que le domaine continue à écrire son histoire dans la fidélité à ses racines et son équipe à taille humaine.
Une initiative publique inédite : mobiliser pour une reprise familiale
Face à cette impasse, la solution s’appuie sur l’engagement collectif. Une campagne de pré-vente via Ulule permet à amateurs et professionnels d’entrer au cœur de cette renaissance. En échange de leur soutien, les participants accèdent à des cuvées exclusives, symboles vivants d’un terroir à protéger.
Ce geste dépasse la simple acquisition de bouteilles. Il s’agit d’un acte militant, un appel à sauvegarder un modèle économique où la passion prime sur la spéculation. Le soutien public envoie ainsi un message fort aux acteurs économiques et aux institutions viticoles.
Une vision à long terme portée par une viticulture exigeante
Le projet des frères Bazin de Jessey s’enracine dans une démarche raisonnée, alliant bio et biodynamie. Cette alliance s’impose sur un terrain aussi technique qu’exigeant. Le vin ici ne doit pas simplement plaire : il doit durer dans le temps comme un paysage vivant.
Les générations futures comptent sur cette éthique pour continuer à déguster un vin qui résonne avec la nature plutôt qu’avec la logique financière froide. Presque comme un fil d’Ariane qui relie l’histoire aux enjeux climatiques.
Une bataille décisive pour l’âme d’un vignoble français
Le choix posé est simple, et pourtant lourd de conséquences : sauver l’indépendance et éviter la transformation en simple actif financier. Le domaine viticole n’est pas une entreprise comme une autre. C’est un lieu où les sols racontent, où le temps se mesure au rythme des vendanges.
Le soutien à cette reprise est donc un pari sur la diversité et la richesse d’un patrimoine où l’humain reste au cœur du projet. Chaque bouteille porte l’empreinte d’une famille, la ténacité d’une équipe, et la magie d’un chenin unique.
Source: www.capital.fr
Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.









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