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« La naissance inattendue de la nouvelle star bordelaise : le vin le plus prestigieux du Médoc »

Par Julie Glawi , le 30 mars 2026 à 08:00 - 4 minutes de lecture
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Dans le Médoc, une nouvelle étoile brille d’un éclat inattendu : Marpaout, un vin qui défie les règles établies. Cette cuvée, née d’un terroir souvent sous-estimé, s’impose désormais comme l’un des plus prestigieux de la région. Oubliez les clichés, voici un vin qui surprend à tous les niveaux !

Marpaout : quand un vin de Moulis dépasse les attentes du Médoc

Chez les connaisseurs, Marpaout fait rapidement parler de lui. Issu de la parcelle la plus qualitative de Branas Grand Poujeaux, à Moulis, ce vin s’affranchit fièrement de la tradition médocaine. Ici, pas d’assemblage classique où le cabernet sauvignon domine, mais un 100 % merlot d’une élégance rare. Le terrain joué un rôle clé : un plateau graveleux avec une forte teneur en fer oxydé, vestige de l’ère glaciaire. Ce sol singulier insuffle au raisin une minéralité fine et des tanins soyeux comme peu d’autres terroirs de Bordeaux.

La genèse d’un vin à part

Le visage derrière Marpaout, c’est Arjen Pen, Néerlandais reconverti, qui a troqué les avions pour les vignes bordelaises. Après une carrière dans l’industrie aéronautique, il revient à ses racines familiales, mêlant agronomie et passion viticole. Son passage par Fronsac et la rigueur de ses apprentissages lui ont forgé un œil expert. Arrivé en 2018 à la tête de Branas Grand Poujeaux, il a su tirer parti des 25 parcelles distinctes pour créer un vin isolé, unique et profond.

Là où d’autres respectent les codes du Médoc sans les dépasser, Pen choisit la liberté : vinifier séparément, sélectionner soigneusement les tonneliers adaptés à chaque lot, et repousser les limites de l’élevage, avec douze mois en barriques neuves suivis de douze mois en amphores pour Marpaout. Tout cela sans compromis !

Un vin qui chamboule la hiérarchie bordelaise

La dégustation de Marpaout ne laisse personne indifférent. L’explosion de fruits rouges au nez se mêle à des notes boisées et terreuses, rappelant les sous-bois humides après la pluie. En bouche, il dévoile une texture satinée, portée par des tanins fins et réglissés. Pas étonnant que Jacques Thienpont, figure mythique de Pomerol, ait été littéralement stupéfait.

Pourtant, cette réussite vient avec un prix qui décoiffe : autour de 1 800 euros la bouteille, Marpaout dépasse même certains crus renommés de Pauillac comme Latour et Lafite Rothschild. Une prise de position audacieuse qui mise sur l’attrait des grands collectionneurs et amateurs internationaux pour la nouveauté sans concession.

Des millésimes atypiques pour un projet à long terme

La production de Marpaout est rare et sélective. Les millésimes 2023 et 2024, jugés moins prometteurs, ne verront pas de cuvée unique mais seront réintégrés dans l’assemblage classique de Branas Grand Poujeaux. Seuls les grands millésimes 2022 et, peut-être, les prochains à venir, auront le droit à ce traitement d’exception.

Ce choix rigoureux tranche avec les pratiques habituelles où tout est souvent mis en bouteille. Ici, la priorité est donnée à la qualité et à la défense d’une identité forte. Une démarche qui rappelle les grands vins de Bourgogne, où la sélection parcellaire et le respect des équilibres du terroir sont des piliers.

Marpaout, nouveau visage du Médoc et invitation à redécouvrir la région

Au-delà du vin lui-même, Marpaout incarne un esprit nouveau dans le Bordelais. Il invite à revisiter les terroirs méconnus et à bousculer les habitudes parfois figées des grandes appellations. L’innovation, ici, c’est avant tout un retour à l’essentiel, un hommage au sol, à la vigne et au temps.

Avec ce vin, Arjen Pen réussit une prouesse : conjuguer la tradition bordelaise avec un souffle de modernité, qui ouvre des perspectives alléchantes pour l’avenir du Médoc. Ce n’est pas juste un vin, c’est une déclaration d’indépendance et une marche vers le sommet, avec la finesse et la sincérité d’un vrai grand cru.

Source: avis-vin.lefigaro.fr

Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.

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