En Ouganda, Bobi Wine relance le défi face à Yoweri Museveni
À 81 ans, Yoweri Museveni se tient encore solidement au pouvoir en Ouganda, défié une fois de plus par Bobi Wine, cette figure montante de l’opposition. Malgré des décennies de règne et une répression sévère, Museveni reste le « patriarche » politique, tandis que Bobi Wine, ex-chanteur populaire, incarne l’espoir d’une jeunesse en quête de changement. Ce deuxième round électoral ne se joue pas seulement dans les urnes, mais dans un climat tendu, où l’avenir du pays semble suspendu.
Enjeux d’un duel qui dépasse la simple élection présidentielle en Ouganda
Quatre décennies au pouvoir, c’est un joli tour de force politique pour Yoweri Museveni, devenu une institution vivante. L’homme a au fil du temps entremêlé son rôle d’État et de parti unique, éliminant presque toute opposition notable. Sa stratégie ? Modifier la Constitution pour lever les limites d’âge et de mandats, s’accrochant fermement à la tête d’un pays où la majorité des citoyens ont moins de 30 ans.
Le contraste est saisissant : une jeunesse marginalisée, avide de renouveau, et un « vieux sage » au sourire calme mais à la poigne de fer. Seulement, derrière cette façade se dessine une Ouganda brinquebalante, où Internet a été coupé à quelques jours du scrutin, comme une ombre sur la liberté d’expression.
Bobi Wine : le « président du ghetto » qui rythme l’opposition
Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, ne passe pas inaperçu. Ancien roi du raggamuffin, il ne chante plus seulement la révolte, il la porte. Originaire du bidonville de Kamwokya, il est le visage d’une génération qui n’a jamais connu d’autre président que Museveni. Ses textes, crus et poignants, dénoncent l’injustice sociale, faisant trembler un régime trop longtemps figé.
Il ne se contente plus de la musique. Député entre 2017 et 2021, Bobi Wine a mis le feu à la scène politique en s’opposant à des mesures comme la taxe sur les réseaux sociaux. Malgré plusieurs arrestations et une répression impitoyable contre ses partisans, il reste la voix d’une jeunesse affamée de liberté, un vin vif et sauvage prêt à éclater en bouche.
Un pouvoir ancien face à un vent de nouveauté : la bataille des symboles
Yoweri Museveni, à 81 ans, n’est pas qu’un président : il est l’incarnation d’un système et d’une époque. Stratège aguerri, il fait figure d’arbre ancien, profond dans ses racines. Ses années de guérilla, ses victoires sur des dictateurs d’autrefois, ont forgé son mythe, appuyé par une alliances fragile entre croissance économique et marchés mondiaux.
Mais le temps laisse des traces : conflits régionaux, lois anti-LGBTQ extrêmement dures, et surtout la volonté d’étouffer toute voix dissonante ont terni son image. Face à lui, Bobi Wine résonne comme une bouteille détonante, un coup de jeune dans une cave trop poussiéreuse, prêt à bousculer l’ordre figé.
Le climat politique sous haute tension à l’approche du vote
Les préparatifs du scrutin sont marqués par une atmosphère lourde et des petites étincelles de violence. Plus de 400 arrestations ciblant les sympathisants du Mouvement pour le changement national, le parti de Bobi Wine, ont été recensées. Internet coupé, manifestations dispersées, tout semble fait pour étouffer ce souffle jeune et déstabiliser l’adversaire.
Pourtant, cette répression n’a pas calmé les ardeurs. La jeunesse, elle, reste sur le qui-vive, prête à boire le changement à pleines gorgées, refusant que le vieux règne sans partage suinte trop longtemps. Le combat s’annonce rude, comme une vigoureuse vendange qui défiera l’usure du temps.
Source: www.dw.com
Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.









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