Effondrement des exportations de vins français : le Bordeaux à la peine, la Champagne tire son épingle du jeu…
Les exportations de vins français traversent une vraie tempête en 2025. Bordeaux, pilier historique, encaisse de plein fouet les effets économiques et tarifaires. Pendant ce temps, la Champagne, avec ses bulles légères, parvient à limiter la casse et même à séduire de nouveaux marchés.
Un coup dur pour les vins tranquilles français à l’export
Sur les neuf premiers mois de 2025, les exportations françaises ont chuté de 2 % en volume et 3 % en valeur. La tendance n’est pas nouvelle, mais cette fois, pas question de miracle : les vins tranquilles, ces rouges et blancs classiques, sont clairement les grands perdants.
Le chiffre d’affaires des vins tranquilles s’effondre, en baisse de 3 % pour atteindre 5 milliards d’euros. Cette chute traduit une consommation à l’étranger moins dynamique, amplifiée par des prix qui peinent à rester compétitifs sur certains marchés clés.
La raison principale ? L’impact des nouvelles taxes américaines, qui ajoutent jusqu’à 20 % sur le prix des bouteilles, sans oublier le ralentissement en Chine, où la demande s’effrite lentement mais sûrement.
Bordeaux, la vendange amère des exportateurs
Bordeaux, qui pèse lourd dans les exportations, voit ses ventes à l’étranger dégringoler. La perte est nette : 50 millions d’euros en moins pour la région, soit 3 % de son chiffre d’affaires total. Cette baisse fait mal, car Bordeaux reste un symbole fort du vin français.
Malgré un millésime 2025 de bonne facture, les prix demandés restent déconnectés des capacités d’achat sur nombre de marchés, ce qui freine nettement les achats. La région est en pleine mue commerciale, mais les signes restent fragiles.
Pour autant, Bordeaux n’est pas seule dans la tourmente. Le Languedoc ou la Bourgogne, eux aussi, voient leurs ventes diminuer, accroissant la pression sur la filière.
La Champagne, plus agile sur un marché en tension
Le Champagne fait face à une autre réalité. Ses exportations ont progressé en volume, poussées par une baisse des prix de 6 %. Cette sensation de légèreté tarifaire a permis de booster les ventes à l’étranger, notamment vers l’Océanie et l’Afrique.
Avec 1,5 million d’hectolitres exportés, la Champagne tire son épingle du jeu en limitant la baisse de son chiffre d’affaires à seulement 2 %. Cette stratégie de prix plus accessible contraste avec la rigidité observée chez les vins tranquilles.
On retrouve ici les codes du marché mondial : dans un contexte économique délicat, la souplesse tarifaire et la capacité à se réinventer ouvrent des portes qui restent fermées pour certains grands crus classiques.
Un marché américain sous haute tension
Le poids des États-Unis est indéniable sur le commerce extérieur du vin français. Avec 1,9 milliard d’euros, l’Amérique du Nord demeure le marché le plus important. Pourtant, 2025 marque une chute sévère : 11 % en valeur.
Cette dégringolade reflète directement l’impact des taxes Trump sur les vins français. Les gains marginaux du Canada ne compensent pas cette baisse, même si la clientèle nord-américaine reste friande de bulles françaises et est plus sensible au prix de la Champagne.
Ce marché demeure un casse-tête pour les exportateurs, qui doivent réinventer leur approche ou perdre définitivement leur place.
Perspectives en Asie et ailleurs, un océan d’incertitudes
Alors que la Chine s’éloigne, avec une perte de 29 % de chiffre d’affaires sur la même période, d’autres territoires montrent des signes positifs. L’Océanie, notamment, voit ses importations de vin français grimper de 17 %.
L’Afrique Affiche aussi une croissance confortable de 9 %, preuve que des marchés moins traditionnels cherchent à découvrir la richesse des vins hexagonaux, surtout les effervescents.
L’Union Européenne, premier marché global, tient bon avec une stabilité remarquable. Ce socle protège l’industrie du pire, mais ne suffit pas à enrayer la baisse générale.
Source: www.vitisphere.com
Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.









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