Comment les hygiénistes cherchent à restreindre la promotion du vin sur les réseaux sociaux malgré l’absence de la loi Évin
Sur les réseaux sociaux, la promotion du vin navigue en eaux troubles. Sans que la loi Évin soit explicitement appliquée, les hygiénistes veulent limiter cette visibilité. Ils dénoncent une banalisation inquiétante, surtout auprès des jeunes.
Lorsque les influenceurs partagent leurs moments autour d’un verre, la ligne entre culture du vin et publicité devient floue. Pourtant, ce débat est loin d’être récent, mais il prend une tournure nouvelle en 2026. Le combat se fait désormais devant les tribunaux et sur les plateformes elles-mêmes.
La pression des hygiénistes face à la promotion du vin sur Instagram et Facebook
Addictions France s’est imposée comme un acteur-clé dans cette lutte. En avril 2025, cette association a remporté une bataille juridique contre Meta, obligeant la suppression de 26 contenus jugés illicites sur Instagram et Facebook.
Cette décision marque une étape importante. Elle impose un cadre strict au secteur de l’influence et des marques de vin. Mais derrière cette apparente réussite, la réalité est plus nuancée.
Les zones grises de la loi Évin et leur exploitation par les acteurs du numérique
La loi Évin, pensée en 1991, n’a pas prévu le développement fulgurant des réseaux sociaux. Son application sur ces nouveaux formats est complexe. Les stories, notamment, échappent souvent à la surveillance car elles disparaissent en 24 heures.
Le résultat ? Des millions de jeunes peuvent voir des contenus autour de l’alcool avant même que la justice n’ait eu le temps de réagir. Ce décalage temporel crée un vrai far west digital.
Le regard critique d’un avocat spécialiste de la loi Évin sur ces décisions
Maître Benjamin Gourvez, avocat spécialisé, tempère les ardeurs des hygiénistes. Il souligne que les condamnations visent surtout Meta, pas directement les influenceurs. Et que ce n’est pas la loi Évin au sens pénal qui est appliquée, mais des règles très spécifiques sur les troubles manifestement illicites.
Il met en garde contre une interprétation maximaliste qui pourrait affecter des contenus légitimes. Par exemple, un chef présentant un verre de vin ou une visite de vignoble ne constitue pas nécessairement une promotion illégale.
Professionnels de la restauration : une légitimité oubliée
Ces figures du monde gastronomique sont pourtant au cœur de la transmission de la culture du vin. Dans certains cas, elles partagent plus que de simples images : elles racontent une histoire, un terroir, une tradition.
Pour Benjamin Gourvez, sanctionner ce type de contenu sous prétexte de protection sanitaire revient à étouffer une communication légitime et précieuse. Mieux vaudrait privilégier la pédagogie plutôt que la répression.
Une stratégie judiciaire qui tend à instrumentaliser la loi Évin
Selon l’avocat, les hygiénistes ont trouvé dans les plateformes sociales un maillon plus accessible que les marques elles-mêmes. Attaquer Meta écarte le débat direct sur la loi Évin. C’est une manœuvre subtile qui exploite les juridictions à des fins politiques.
Résultat : on assiste à une mise en scène judiciaire où la loi Évin est davantage un prétexte qu’une réalité. Les véritables enjeux juridiques et culturels du vin sont éclipsés par cette bataille de communication.
Vers une meilleure compréhension plutôt qu’une répression excessive
Ce qui manque, c’est un dialogue éclairé sur ce que doit être la promotion du vin aujourd’hui. La complexité des réseaux sociaux demande une adaptation intelligente des règles. Sinon, on risque de noyer la richesse culturelle du vin sous un carcan légal rigide et parfois mal appliqué.
Les acteurs du vin méritent une reconnaissance de leur rôle éducatif, pas seulement une surveillance à sens unique. Ce débat, loin d’être clos, s’annonce riche en débats passionnés dans les mois à venir.
Source: www.vitisphere.com
Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.









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