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Aux Montils, un vigneron passionné ressuscite un cépage presque oublié : la renaissance d’un héritage viticole

Par Julie Glawi , le 14 février 2026 à 13:04 - 3 minutes de lecture
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Au cœur du Loir-et-Cher, un vigneron a décidé de faire revivre un pan du patrimoine viticole local. Ce cépage ancien, appelé lignage, dormait presque dans l’oubli depuis des décennies. Aujourd’hui, il reprend vie, grâce à une passion tenace et à un savoir-faire précis.

Le lignage : un trésor viticole oublié retrouvé aux Montils

Le lignage, également connu sous le nom de Macé doux dans certaines régions, a presque disparu du paysage viticole au XXe siècle. Dans les années 1950, les derniers pieds étaient repérés près de Blois, aux Grouëts. Puis, silence radio. Seuls quelques pieds cultivés par le père du vigneron Thierry Puzelat subsistaient, victimes d’une chaleur extrême en 1976.

Ce passé presque fantôme n’a pas découragé Thierry. Avec une curiosité méthodique, il a découvert que ce cépage, longtemps considéré comme local, est en réalité une variété gasconne… Une surprise qui n’a fait que renforcer sa détermination à le remettre au jour.

Un travail de longue haleine pour une renaissance pleine d’espoir

En collaboration avec l’Institut Français de la Vigne et du Vin, le vigneron a récupéré des souches presque malades, venues de Montpellier. Après un soin méticuleux pour redonner santé aux plants, la replantation a commencé. En 2023, 80 pieds ont été plantés aux Montils, rejointe par 90 en 2024 et 120 en 2025.

Il est prévu d’atteindre 3000 pieds sur un demi-hectare d’ici quelques années, une étape cruciale vers la production à grande échelle. Les premières microvinifications, réalisées en laboratoire, seront dégustées au printemps 2026. L’excitation est palpable : la véritable vinification suivra en 2027 après l’inscription officielle du lignage au catalogue des cépages agréés en France.

Un cépage rustique qui répond aux défis climatiques actuels

Le lignage n’est pas qu’une curiosité historique. Ce cépage possède des qualités qui le rendent étonnamment adapté aux exigences du climat moderne. Sa rusticité et son débourrement tardif sont de vrais atouts face aux gelées printanières qui deviennent de plus en plus fréquentes.

Autrefois délaissés au profit du gamay, du pinot noir ou du sauvignon, ces cépages anciens reprennent du terrain. La tendance montre que dans les années difficiles, ce sont eux qui tiennent le mieux le coup. Ce retour dans les vignes résonne comme une réponse sensée aux évolutions climatiques et aux besoins d’adaptabilité.

Le lignage, reflet d’une biodiversité viticole à protéger

Aux Montils, au domaine Clos du Tue Bœuf, près de dix-huit hectares de vigne abritent une palette riche de cépages, reflet d’une biodiversité soigneusement cultivée. Thierry Puzelat œuvre depuis trois décennies pour préserver ces variétés anciennes, chacune avec ses histoires et ses goûts.

Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large qui gagne la France et l’Europe : remettre sur le devant de la scène les cépages d’origine. Ces vins, loin des standards uniformisés, proposent un véritable récit sensoriel et historique. Ils reconnectent le buveur avec le terroir et ses racines.

Source: www.lanouvellerepublique.fr

Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.

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