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« Assez des mois sans : les vignerons s’insurgent contre le Dry January et réclament plus de liberté pour leur vigne »

Par Julie Glawi , le 9 janvier 2026 à 06:28 - 4 minutes de lecture
relevez le défi du dry january : un mois sans alcool pour améliorer votre santé, votre bien-être et adopter de nouvelles habitudes positives.

Le Dry January gagne du terrain en France, invitant à s’abstenir de tout alcool pendant le premier mois de l’année. Cette tendance, née outre-Manche, ne passe pas auprès des vignerons français. Dans les Côtes du Rhône, la riposte s’organise : le mois de janvier est dénoncé comme un coup dur pour la filière vinicole.

Fragilisés par une déconsommation persistante, les viticulteurs exigent plus de respect pour leurs traditions et leur savoir-faire. Ils pointent l’écart entre leur vision d’une consommation modérée et le prisme parfois radical de ce défi.

Ce mois « sans » est loin d’être une simple pause pour ces artisans du goût. Leur colère monte et frappe un coup, appelant à une coexistence plus équilibrée entre santé publique et plaisir du terroir.

Les vignerons dénoncent une atteinte à la culture du vin en janvier

Dans les vignobles rhodaniens, le Dry January est perçu comme une provocation alors que janvier est riche de traditions liées au vin. Cette période célèbre notamment la Saint-Vincent, fête du patron des vignerons, une date phare pour la profession.

Samuel Montgermont, figure emblématique de la région, refuse que ce mois devienne synonyme d’abstinence obligeant à « arracher plus de vigne » alors que la consommation de vin en France est en chute libre.

Il rappelle que le vin est une consommation de plaisir et de partage, inscrite dans le quotidien et la culture gastronomique, avec une notion de modération bien ancrée.

Une baisse régulière de consommation qui inquiète le secteur

Depuis des décennies, les chiffres sont à la baisse, passant de 145 à 32 litres d’alcool pur par habitant et par an. Cette dégringolade touche particulièrement les vins rouges des appellations traditionnelles comme les Côtes du Rhône.

La surproduction historique a déjà forcé l’arrachage d’un quart des vignes, notamment dans les secteurs destinés aux vins d’entrée de gamme. Le Dry January, arrivé comme une lame de fond, risque d’accélérer cette tendance dramatique.

Pas étonnant que les viticulteurs s’inquiètent de perdre un douzième de leur chiffre d’affaires en plein cœur de l’hiver, déjà fragile pour les restaurateurs locaux.

Modération versus abstinence : un message qui divise

Les vignerons affirment avoir intégré depuis longtemps les enjeux de la santé publique par la promotion d’une consommation raisonnée. Le fameux « régime méditerranéen » bien connu valorise un verre de vin lors des repas.

Samuel Montgermont insiste : « 9 Français sur 10 respectent les repères de modération », un effort massif de la profession pour limiter les excès sans pour autant réclamer une coupure radicale.

Le Dry January, selon eux, propose une réponse trop stricte pour un problème d’addictions qui ne relève pas uniquement de l’alcool de terroir, mais de comportements bien plus larges et complexes.

Critique acerbe envers les addictologues

Dans cette joute vive, les vignerons dénoncent le rôle parfois caricatural des addictologues. Ceux-ci poseraient un faux problème en assimilant tout alcool à un danger absolu dès le début de l’année.

Pour Montgermont, ces soignants auraient échoué à réellement traiter les addictions lourdes tout en ciblant injustement le vin, symbole d’un patrimoine culturel vivant et respecté.

Il rappelle que la filière viticole se développe sans subventions, tandis que la santé publique bénéficie de budgets publics importants. Le vin n’est pas l’ennemi, tranche-t-il.

Source: france3-regions.franceinfo.fr

Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.

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