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« Coq au vin et rosbif du dimanche se font plus rares : le vin rouge, grand perdant de l’évolution des repas »

Par Julie Glawi , le 28 septembre 2026 à 08:00 - 3 minutes de lecture
découvrez les raisons du recul de la consommation de vin rouge et les nouvelles tendances qui transforment les habitudes des consommateurs.

Le coq au vin et le rosbif du dimanche quittent peu à peu les tables, et avec eux, une partie des occasions de boire du rouge. La consommation recule, tandis que les repas deviennent plus légers, moins codifiés et parfois moins centrés sur la viande. Pour rester dans le verre, le vin rouge doit trouver de nouveaux usages, sans perdre ce qui fait son caractère.

Vin rouge : une image prestigieuse, mais moins familière

Le rouge garde une place à part dans l’imaginaire français. Une étude qualitative de l’Ifop pour Vin & Société le décrit comme la couleur la plus prestigieuse, souvent associée au « vrai vin » et à une dégustation que l’on apprend avec le temps.

Mais ses codes peuvent impressionner. Millésimes, appellations, potentiel de garde : ce vocabulaire était autrefois transmis plus facilement dans les familles. Selon Hervé Remaud, professeur à la KEDGE Wine School, cette transmission s’est grippée. Les acheteurs sont aussi très concentrés : d’après des données Circana qu’il cite, environ 7 % d’entre eux représenteraient près de la moitié des volumes.

Des repas moins carnés, moins propices au vin rouge

Le rouge avait ses scènes favorites : repas d’affaires, grandes tablées, viandes mijotées et bouteilles gardées en cave. Ces habitudes s’effacent. Les déjeuners professionnels sont moins souvent arrosés, et le vin n’est pas toujours remboursé dans les notes de frais, observe Catherine Corbeau-Mellot, du domaine Joseph Mellot.

Dans les assiettes aussi, le décor change. Apéritifs dînatoires, cuisines du monde et plats plus légers laissent davantage de place aux blancs, aux bulles ou à la bière. Sans coq au vin ni rosbif dominical, le rouge ne trouve plus naturellement sa place au centre de la table.

Des rouges puissants moins recherchés

Le goût évolue lui aussi. Aurélie Deharbe, cheffe sommelière dans un établissement cinq étoiles du Var, constate une baisse de la demande pour les vins très tanniques. Les rouges fruités, souples et moins marqués par le bois répondent mieux à l’envie de boire sans attendre, surtout quand la cave a disparu des logements.

La question n’est donc pas seulement quoi manger avec un rouge, mais quand le servir. Un vin accessible dès l’ouverture peut séduire là où une bouteille à garder plusieurs années décourage.

Servir le vin rouge frais pour lui ouvrir de nouvelles portes

Les producteurs adaptent leurs cuvées : plus de fruit, moins de bois, des tanins assouplis. Certains rouges se boivent désormais frais. Mouton Cadet a ainsi lancé Rouge x Pierre, une cuvée bio conçue pour être servie entre 8 et 10 °C. Quelques degrés en moins, et le rouge peut rejoindre l’apéritif ou la terrasse, plutôt que d’attendre un plat d’hiver.

Rendre le choix plus simple ne signifie pas que les consommateurs se désintéressent du vin. Aurélie Deharbe remarque au contraire des questions sur les appellations, la vinification, le bio et la biodynamie. Le sommelier reprend alors un rôle précieux : guider vers une bouteille qui raconte quelque chose, sans transformer la commande en examen.

Source: avis-vin.lefigaro.fr

Julie Glawie est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c’est comme une personne franche : pas besoin d’en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.

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