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Chine : comment le Tibet relance sa filière viticole

Julie Glawi 2 min de lecture
découvrez l’industrie viticole tibétaine, ses vignobles d’altitude, ses méthodes de production et les défis qui façonnent son développement.

À plus de 3 500 mètres d’altitude, des vignes tibétaines affrontent le gel, la sécheresse et des rayons ultraviolets intenses. Le domaine Pazhu en tire des blancs, des rouges et même un vin de glace. Cette aventure viticole mêle défi agricole, tourisme et stratégie économique chinoise.

Vignes du Tibet : produire du vin à 3 563 mètres

Dans les environs de Lhassa, une parcelle de Pazhu culmine à 3 563 mètres. Elle figure au Guinness des records pour son altitude. À cette hauteur, chaque saison impose ses règles : le sol gèle en hiver et la sécheresse peut arriver tôt.

Les vignerons ont dû tester plusieurs cépages et ajuster leurs pratiques avant de trouver des raisins adaptés. L’altitude apporte aussi un avantage précieux : un fort ensoleillement et des nuits fraîches, qui aident à préserver l’acidité. Le résultat peut donner des vins tendus, loin des profils lourds.

Le domaine Pazhu mise sur des vins singuliers

Chardonnay, vins rouges et vin de glace composent la gamme de Pazhu. Ce dernier demande des conditions de récolte particulières, mais il souligne l’ambition du domaine : faire d’un climat extrême une signature plutôt qu’un simple obstacle.

La singularité ne suffit toutefois pas à garantir la qualité. Le travail de la vigne, le choix des raisins et la maîtrise des fermentations restent déterminants. En altitude, le soleil impressionne, mais c’est l’équilibre du vin qui convainc dans le verre.

Le vin tibétain face au marché chinois

Les bouteilles de Pazhu se vendent surtout en Chine. Certaines atteignent 777 yuans, soit environ une centaine d’euros, un prix qui place le domaine sur un marché de niche. Le tourisme local aide à raconter ce terroir rare, tandis que des bouteilles ont aussi rejoint Hong Kong.

La route commerciale reste pourtant raide. La consommation de vin en Chine recule depuis 2017, et Pazhu doit se faire une place face à des régions viticoles mieux établies, comme le Ningxia et le Shandong. Selon la direction, le domaine n’est pas encore rentable.

Emplois, tourisme et enjeux politiques au Tibet

Pazhu avance aussi des retombées locales : le domaine compte environ 80 salariés permanents et fait travailler plus de 3 000 habitants des villages voisins dans les vignes. La filière peut ainsi soutenir l’emploi et diversifier une économie régionale où les possibilités restent limitées.

Pour Pékin, ces projets servent également à mettre en avant le développement économique et la lutte contre la pauvreté, tout en rapprochant le Tibet du reste de la Chine. Cette vitrine s’inscrit dans une région étroitement contrôlée, où des défenseurs des droits humains dénoncent les restrictions des libertés religieuses et culturelles. Le vin porte donc deux récits à la fois : celui d’un terroir audacieux et celui d’une politique d’intégration.

Source: www.rfi.fr

Julie Glawi

Julie Glawi est une œnologue basée à Toulouse avec un principe simple : « Un bon vin, c'est comme une personne franche : pas besoin d'en faire trop pour être remarquable. » Formée à la dégustation de haut niveau, Julie décortique chaque vin avec justesse, naturel et précision, sans jamais tomber dans le jargon. Elle adore dénicher des vins vivants et sincères et vous partage des conseils simples, vrais et percutants pour réussir vos accords mets-vins.

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